chateau

Thierry d'Hireçon achète en 1305 aux héritiers désargentés de Jean Wagon, bourgeois d’Arras, une maison à Gosnay qu'il fait fortifier dès 1309, avec l’autorisation de la Comtesse Mahaut d'Artois,« clore la mote, de murs à crestiaux et faire tours et fortereces ». Son château, s’inscrit alors dans le voisinage immédiat de ceux de Béthune, Annezin, La Buissière, Bruay, Houdain, Divion, Marles et Auchel. Situé exactement en face de l’actuel hôtel du Val Saint-Esprit, il avait 4 tours et un donjon. Construit en grés et pierres blanches du pays, sur « six mesures », il était clos d’une muraille de 15 pieds, crénelée et renforcée de bretèches. Un pont-levis donnait accès à la cour pavée. Avec ses douves, le château de Gosnay s’apparentait au type des châteaux fortifiés de l’époque dont celui d’Olhain, le seul encore existant aujourd’hui.

OhlainChâteau médiéval d'Ohlain

Thierry avait voulu que son château soit une petite forteresse destinée à protéger de toute agression extérieure, les pères chartreux du Val Saint-Esprit.  Une dizaine de gens d’armes  et guetteurs y étaient logés avec un petit arsenal arbalètes d’if à pied, baudriers, arcs, flèches, poudre et boutefeux pour les canons, 3 canons à lancer des pierres, etc…). Si le château fut parfois utilisé comme prison pour quelques Seigneurs vaincus à l’issue d’une des nombreuses batailles qui se livrèrent en Artois, il était en temps de paix,

  • une résidence de choix où le Comte de Flandres Louis de Mâle fit séjourner ses bâtards et leur gouvernante en 1389,  sept jevenes demisiels et quatre jevenes fiex.
  • un gîte d’étape au cours des voyages de Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire.
  • une retraite paisible près des Pères Chartreux du Val Saint-Esprit ou des Moniales Chartreuses du Mont Sainte-Marie . Isabelle du Portugal y séjourna plusieurs fois et son corps, inhumé chez les pères chartreux, fut ensuite transféré à la chartreuse de Dijon, alors que son cœur demeurait au Val Saint Esprit.

En 1518, le dernier visiteur de marque, Charles Quint, le décrivait comme  un château fort ancien, caduque et tout en ruines où se logent durant les guerres les aventuriers et les vagabonds qui font plusieurs insolences à leurs voisins les chartreux . Les ruines furent cédées aux Pères chartreux du Val Saint-Esprit, pour 2000 livres en monnaie de Flandres. Les matériaux récupérés furent immédiatement réutilisés pour la reconstruction de leurs deux Cloîtres et l’érection de la tour de l’église paroissiale dont un gré, au pied de la façade ouest, porte encore en lettres gothiques, la date de 1519.

GosnayExtrait de la vue aérienne de l'IGN sur Gosnay,
réalisée en septembre 1989 à 2900m d'altitude

Il ne reste aujourd'hui du château de Thierry d'Hireçon que des archives éparpillées dans les chartes d'Artois et une empreinte, trouvée en 1989 sur une vue aérienne de la commune par l’IGN. L’histoire retiendra toutefois que Jean de Luxembourg, célèbre personnage qui livra Jeanne d’Arc aux Anglais en 1430, fut l’un des derniers propriétaires.